Révocation de la directrice générale du FNE, entre décision gouvernementale et contestation

Le 18 septembre 2025, le gouvernement haïtien a pris une décision qui suscite déjà beaucoup de réactions : la révocation de Sterline Civil, directrice générale du Fonds National de l’Éducation (FNE). Cette décision, entérinée par le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) lors d’un Conseil des ministres, met fin à un mandat de seulement sept mois.

Nommée le 18 février 2025, Mme Civil représentait un nouveau souffle à la tête de cette institution chargée de gérer les fonds destinés au financement du système éducatif haïtien. Le FNE occupe en effet une place stratégique dans les efforts visant à élargir l’accès à l’éducation et à renforcer la qualité de l’enseignement. La stabilité de sa direction est donc perçue comme essentielle pour garantir la continuité des projets et la transparence dans la gestion des ressources.

Pourtant, la manière dont cette révocation est intervenue soulève de vives interrogations. Dans ses premières réactions, Sterline Civil a dénoncé une décision « dépourvue de fondement légal », affirmant qu’aucune accusation de faute grave n’a été formulée contre elle. Elle déplore également l’absence de procédure contradictoire, qui lui aurait permis de se défendre avant qu’une telle décision ne soit prise. Convaincue d’avoir été injustement écartée, elle a saisi la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA) afin de faire valoir ses droits et de contester officiellement sa destitution.

Cette controverse intervient dans un moment délicat pour le secteur éducatif haïtien. Déjà fragilisé par des défis structurels et conjoncturels, il dépend en grande partie de la bonne gestion des fonds du FNE pour financer des programmes essentiels. Tout signe d’instabilité à la tête de l’institution risque non seulement de ralentir la mise en œuvre des projets, mais aussi d’éroder la confiance des partenaires techniques et financiers qui accompagnent le pays.

L’opinion publique, de son côté, s’interroge : s’agit-il d’une décision motivée par des considérations strictement administratives et liées à la gouvernance interne du FNE, ou bien d’un choix éminemment politique visant à placer une autre personne à la direction ? Au-delà de la légalité de la révocation, c’est la crédibilité même de l’institution qui se retrouve en jeu, avec en toile de fond l’avenir de milliers d’élèves haïtiens qui dépendent de la bonne gestion de ces ressources.

Dans un pays où la confiance envers les institutions est déjà fragile, une telle décision mérite des explications claires et transparentes. Sans cela, le risque est grand de renforcer le scepticisme des citoyens et de fragiliser davantage un secteur qui, plus que tout autre, a besoin de stabilité et de vision.

La vraie question est donc la suivante : le départ de Sterline Civil du FNE marque-t-il le début d’une réforme nécessaire, ou bien traduit-il une instrumentalisation politique d’une institution vitale pour l’avenir de l’éducation en Haïti ?

Photo Credit: Page Officiel Facebook FNE

Related Post

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *